La methode critique d'Albert Haler

Authors

  • Nikola Ivanišin

DOI:

https://doi.org/10.15291/radoviling.3322

Abstract

L’auteur analyse la méthode et les résultats de la critique de Haler. Partisan de la méthode esthétique de Benetto Croce, Haler, en publiant ses articles et ses études dans les revues yougoslaves les plus connues entre les deux guerres, a principalement renouvelé les thèses de Croce sur l’art, qu’il a assimilées au point que ces thèses paraissent les siennes propres. Soutenant, comme Croce, que l’art est tout d’abord un acte créateur fondé sur l’émotion et la fantaisie, que les intuitions d’artiste et ses expressions sont similaires, que l’art véritable est uniquement lyrique, que le principal devoir des critiques est de faire la différence entre ce qui est poétique et ce qui ne l’est pas, Haler juge toute la critique littéraire antérieure, surtout universitaire, affirmant que cette critique avait généralement manqué son but du fait que ses auteurs n’avaient pas distingué ce qui était poétique de ce qui ne l’était pas, mais qu’ils y avaient mêlé diverses valeurs culturelles, historiques, sociales, pédagogiques et autres.
Ses opinions négatives sur Gundulić, Preradović et Kranjčević, jusque là considérés dans la littérature comme de grands poètes, soulevèrent le plus grand intérêt dans l’opinion yougoslave d’alors. La réaction contre de tels jugements de Haler, particulièrement du côté croate, fut vive et acerbe, mais inefficacc, car elle provenait de positions nationales et non littéraires et esthétiques, d’autant plus que Haler proclama qu’il reconnaissait la valeur culturelle et historique des écrivains en question. Antun Barac s’opposa avec succès à Haler en partant des positions uniquement littéraires et esthétiques. Il démontra par la méthode historique et sociologique que Preradović s’était montré dans beaucoup de ses poèmes poète créateur, et, analysant l’expression de Kranjčević par la méthode analytique, il émit les mêmes assertions encore amplifiées sur ce poète.
Bien que solidement argumentés, les jugements esthétiques de Haler contenaient de sérieux points faibles et des contradictions. Analysant la poésie de Gundulić, de Preradović et de Kranjčević, il avait extrait des vers isolés, les séparant de la totalité, et sur ces fragments avait mené ses conclusions. Son attitude envers la critique antérieure avait fait preuve d’une intolérance totale. Il soutenait que lui seul dirait la vérité, et que seule sa méthode était la bonne. Bien qu’ il eût affirmé que seule l’intéressait dans un ouvrage littéraire la poésie, il a pourtant reproché à Kranjčević sa vision du monde et a lié ce reproche à la valeur esthétique de ses poèmes. Il considérait nos poèmes du point de vue d’un connaisseur de poésie italienne, et, alors qu’ il était par trop bienveillant envers les Italiens, il fut pour nos poètes bien trop sévère. Sa position clef aussi, à partir de laquelle il jugeait notre littérature, est en rapport avec celle de l’Italien Benedetto Croce, qui était en même temps une sommité européenne. Bien qu’inexacts, les résultats de Haier sont intéressants, Ils sont, entre autres choses, une impulsion donnée à la formation de notre science nationale de la littérature.

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