L’enquete entreprise par l’auteur dans 181 localites a donne les resultats suivants: Dans la Dalmatie du Nord et les pro-vinces limitrophes, les formes kebara (plus rarement kebura) ont refoule les reflets les plus anciens kipra, čipra, kebra etc. Dans les zones les plus avancees du dialecte »istočnohercegovački« aussi bien que dans les domaines du dialecte »mlađi ikavski« les formes nouvelles ont subi la đesuffixatiion (keba, keva, keba, ćeva etc.). Le triangle Split-Sinj-Maikarska au centre de la Dalmatie centrale ne connait pas en general les reflets de CAPRA. Les iles (a l’exception de la ville de Korčula et du village Sućuraj) ne connaissent ces emprunts non plus. Dans la Dalmatie du Sud l’emprunt ancien kera<*kevra est en pleine retraite devant les formes suffixees. L’auteur n’a pas pu trouver aucun reflet de CAPRA en dehors du terriitoire enitire l’Adriatique et une ligne unissant Crikvenica, Banja Luka, Doboj, Foča et Bar. L’auteur est d’opinion que la forme ragusaine (romane medićvale de Dubrovnik) kebra aussi bien qu’une forme semblable non i'đentifiee du roman medSeval de Kotor aient irradie dans I’arriere-pays de ces villes au 14eme et au 15«™c sičcles lors de la slavisation en phase finale. Les Slaves auraient ajoute d l’emprunt leur suffixe augmentatif -ara. C’est la forme kebara (issue de *kebrara par dissimi- lation) qui a eu une forte expansion en direction NO. Les ondes migratoires des parlants štokaviens l’ont porte jusqu’a la Lika et les environs de Zadar. Dans cette region-ld se trouvaient les aires des emprunts romans: 1) kipra, qui provient đ’une forme du roman medieval de Zadar (*kapra); 2) kebra, refletant une forme moins ancienne (*kebra). Chemiin faisant les formes provenant de l’Herzegovine avaietnt rencontre aussi les reflets d’EQUIFERA>*kevra (+ -ara = kevara »anesse«, »femme forte qui peut travailler comme une bete de somme« etc.) qui occupaient autrefois, a ce qu’il semble, une aire tres ćtendue. Ainsi s’expliquent les contaminations morphoseman- tiques tres interessantes qu’on trouve dans toute la zone ou les migrations eurent lieu, spćcialement dans les environs de Knin, Zadar et Imotski. Entre les 13 nuances de sens les plus importantes, celles qui rappellent le plus le sens oniginaire sont extremement rares. Le plus souvent, les emprunts signi- fient »femme dćsagrćable« avec une ou plusieurs qualites negatives. Les autres significations, en particuller certaines nuances njon pćjoratives peuvent etre expli- quees seulement si l’on prend en considćration les collisions complexes des syno- nymes, des homonymes et des paronymes dues a la diffusion de cet emprunt trčs expressif mais immotive qu’on tachait d’intćgrer aux systemes lexicaux locaux dans le territoire monolingue serbo-croate.