Un motif de Lapad dans l'oeuvre de Vojnović
DOI:
https://doi.org/10.15291/radoviling.3326Abstract
Dans son article l’auteur interprète le conte lapadien ; de Vojnović Les anciens péchés, et le sonnet A Mihaïl, affirmant que les pittoresques motifs lapadiens de la petite église, du cimetière et des cyprès dans le sonnet A Mihaïl ne sont pas dans l’oeuvre de Vojnović un motif littéraire ordinaire, mais une partie unique de son univers poétique, un complexe essentiel de sa personnalité et de son style poétique. Dans le cadre de ce complexe de style, il n’a pas seulement fixé artistement les couleurs, les sons et les proportions de ce paysage lapadien, mais, usant d’une technique réaliste, il a décrit une tranche de vie du Dubrovnik d’alors, donné un caractère aux personnages et construit la composition du conte lapadien Les anciens péchés. Réalisée dans une technique narrative, cette oeuvre de Vojnović est citée dans la science littéraire yougoslave comme un roman dépassant l’ampleur d’un simple conte. Au fond, cette oeuvre pourrait être aussi bien un drame, drame conté qu’ un régisseur pourrait sans trop de difficulté porter à la scène. Ce qui donne cette signification dramatique aux Anciens péchés, c’est l’atmosphère lourde de tension dramatique, la faute tragique de Ivo Dubović, l’un des personnages principaux, les dialogues dramatiques, l’unité d’action, de lieu et de temps, etc. Dans cette oeuvre de Vojnović, on a montré vraiment le drame personnel d’un honnête homme, marin de Lapad. L’ascension dramatique, la tension maxima et le dénouement de ce drame sont étroitement liés et enchaînés par le complexe de style de Vojnović, de la petite église, du cimetière et des cyprès de »Mihaïl«.
Ce paysage lapadien du cimetière Mihaïl, Vojnović l’a beaucoup aimé, car dans ce cimetière il trouve aussi le caveau des siens, dans lequel lui même fut enterré en 1929. Ce n’est donc pas par hasard que Vojnović avait entrepris son oeuvre majeure la Trilogie de Dubrovnik dans l’intention de la dédier à son père Kosta Vojnović (qui fut enterré à Mihaïl en 1903), et qu’il termina sur le sonnet À Mihaïl, dans lequel Vojnović a chanté, par des moyens visuels et auditifs, la poésie de la disparition des contes de Dubrovnik.


