Un manuscrit en vieux Francais a Zadar

Authors

  • Vera Gerersdorfer Faculty of Philosophy in Zadar

DOI:

https://doi.org/10.15291/radovihahu.1907

Abstract

A l’occasion d’une restauration des stalles dans la cathédrale de sainte Anastasie (Stošija) à Zadar, au cours de l'été 1969, on a découvert quarante précieux parchemins contenant, entre autres choses, le fragment d’un texte écrit dans le dialecte normand de !a fin du XII*’ s'ècle, avec quelques éléments de la langue de Pile de France. Dans le présent travail, on donne la description concise du manuscrit trouvé: trois colonnes parallèles du texte abîmé à plusieurs endroits par des taches brunes et vertes foncées de sorte qu’un certain nombre de mots reste illisible, en attendant qu’on entreprenne une reconstitution et une analyse paléographique plus nette et plus minutieuse. Après avoir exposé le sujet sommaire de chaque colonne du manuscrit, l’auteur donne la transcription et !a version croate du texte authentique et intégral. Son sujet, et le fait que les noms de GORMONT et d’ISEMBART y figurent laissent supposer que le texte représenterait un fragment de la chanson de geste de Gormont et Ysembart du premier tiers du XIIe s., dont le fragment nous est resté conservé dans le manuscrit de Bruxelles, B. R. Il, 181. L’auteur est d’avis que ce'tte hypothèse doit être acceptée avec précaution: pour l’istant, il est enclin à voir dans le manuscrit plutôt le fragment d'une chron’que, d’une histoire ou d’un récit dans lequel on fait mention de la légende t'trèe populaire du roi Gormont et d'iaembart le Margariz (le renégat). Comment et par quelles voies le manuscrit a-t-il pu arriver à Zadar? L'auteur refuse la supposition naïve d’après laquelle les croisés auraient apporté le manuscrit en 1202 à Zadar, pendant la quatrième croisade décrite par Villehardouin dans sa »Conqueste de Constantinople«. L’auteur croit que le texte aurait pu aboutir à Zadar par l’intermédiaire des milieux ecclésiastiques représentant une puissance de premier ordre dans les domaines politique, culture! et idéologique pendant tout le Moyen Age. Il n’est pas invraisemblable que le manuscrit ait été transporté à Zadar à l’époque des souverains de la dynastie d’Anjou au XIVe s., et qu’il a été plus tard caché sous les stalles du choeur de la cathédrale que le sculpteur sur bois Matej Moronzon a construit en 1426 à l’époque des fréquents soulèvements des habitants de Zadar contre les Vénitiens. Une réponse exacte aux questions capitales que pose ce manuscrit reste donc partiellement hypothétique. Cependant, l’intention première du présent article est de présenter aux romanistes yougoslaves et étrangers le manuscrit en ancien français de Zadar tel qu’il a été analysé et examiné jusqu’à présent, avec l'espérance d'attirer sur lui leur bienveillante attention.

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